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Charge de travail en agence d'intérim : à quoi part vraiment la journée d'un chargé de recrutement

On appelle ça chargé de recrutement. Entre le standard, les contrats, les relevés d'heures et la facturation, le recrutement occupe une part de la journée. Rarement la journée.

Mis à jour le 12 octobre 2026 · 6 min de lecture

8h40, quatre messages, et la journée est déjà écrite

8h40. Vous n'avez pas encore ouvert et il y a déjà quatre messages sur le répondeur.

Le premier client veut deux personnes pour demain matin. Le deuxième signale que celui d'hier est reparti à midi. Le troisième est un intérimaire qui demande où en est son contrat, il ne l'a toujours pas reçu. Le quatrième n'a rien dit et a raccroché.

Vous les notez sur un papier à côté du clavier. Et vous savez déjà qu'à midi vous n'aurez traité que le premier.

Voilà la charge de travail réelle en agence d'intérim. Le poste s'appelle chargé de recrutement, ou assistante d'agence selon les maisons. Le recrutement y tient une place. Il n'y tient pas toute la place, et c'est ce décalage qui fatigue.

Trois personnes, quarante clients, cent vingt intérimaires

Une petite agence, ça ressemble souvent à ça. Trois personnes dans le bureau. Une quarantaine de comptes clients actifs. Autour de cent vingt intérimaires envoyés travailler chaque semaine.

Ce n'est pas une agence débordée. C'est une agence normale.

Cent vingt personnes par semaine, ça veut dire des dizaines de contrats de mission à sortir ou à prolonger, cent vingt relevés d'heures à récupérer, et un nombre indéterminé de coups de fil autour de chacun. Le tout entre 8h30 et 18h, en étant interrompu sans arrêt.

Quand quelqu'un vous dit qu'il fait autant de la paie, du standard et des contrats que du recrutement, il ne se plaint pas. Il décrit son poste.

Le standard téléphonique, ou l'art de ne jamais finir une phrase

Le téléphone n'est pas une tâche. C'est le décor.

Il sonne pendant que vous saisissez un contrat, pendant que vous rappelez un client, pendant que vous déchiffrez une feuille d'heures. Chaque appel remet à zéro les trente secondes qu'il fallait pour finir la ligne en cours.

Et aucun de ces appels n'est illégitime. Un client qui a besoin de deux personnes pour demain, c'est du chiffre d'affaires. Un intérimaire qui appelle pour son contrat a raison d'appeler. Le chef d'équipe qui signale un intérimaire qui ne s'est pas présenté vous rend service en vous prévenant.

Le problème n'est pas le volume d'appels. C'est qu'une bonne partie d'entre eux sert à donner une information que l'agence détient déjà, et que personne d'autre ne peut lire.

Les contrats de mission : générer, envoyer, relancer

Le lundi matin, les missions démarrent en rafale. Chaque démarrage veut son contrat, et chaque contrat veut deux signatures.

Le générer prend quelques minutes. L'envoyer prend quelques secondes. Ce qui prend la semaine, c'est la troisième étape : relancer ceux qui n'ont pas signé. Un intérimaire sur un chantier ne regarde pas ses mails à 10h. Il les regarde le soir, ou pas du tout.

Alors on rappelle. Le mardi, puis le jeudi. On note dans un coin qui a signé et qui n'a pas signé, et cette liste devient un deuxième métier.

Ce n'est presque jamais de la négligence. C'est une pile qui grossit plus vite qu'on ne la descend, un lundi sur deux.

Les relevés d'heures signés, et le trajet du papier

Une chose qu'on lit souvent de travers : la feuille d'heures est signée. Le vendredi soir, sur le chantier, le chef d'équipe la signe. Elle est juste, elle est validée, elle existe.

Le problème commence après.

Elle voyage. Dans une poche, dans une boîte à gants, dans un classeur au dépôt. Elle arrive le mardi suivant, parfois plus tard, parfois pliée en quatre et à moitié effacée. Il faut appeler pour savoir si elle a été faite, appeler encore pour qu'on la scanne, puis lire une écriture au crayon sous une trace de gasoil et décider si ce chiffre est un 4 ou un 9.

Et le jour où un client conteste des heures, c'est cette feuille-là qu'il faut retrouver, dans le bon classeur, deux mois plus tard. Le sujet du papier contre le numérique a sa propre page : ce que le numérique prouve, et ce qu'il ne prouve pas tout seul. Ici, ce qui compte est plus simple : le trajet.

La ressaisie, la seule part qui peut disparaître sans embaucher

Regardez ce que vous faites quand la feuille est enfin sur le bureau.

Vous lisez un chiffre écrit à la main. Vous le tapez dans un logiciel. Vous vérifiez que vous avez tapé le bon. Puis vous recommencez cent vingt fois, en fin de mois, en trois jours.

C'est ce que décrivent les gens qui disent faire de la saisie pure, sans travail intellectuel. Ce n'est pas une plainte sur le métier. C'est une plainte sur cette part précise du métier, celle qui consiste à recopier une information que quelqu'un a déjà écrite ailleurs.

Et c'est la seule qui peut partir sans que personne ne parte avec elle.

FieldLog fait remonter chaque jour les heures que l'intérimaire déclare depuis son téléphone et que le client valide, signées et lisibles, prêtes pour l'export vers votre paie. Il n'y a plus de feuille à attendre, plus de chiffre à déchiffrer, et plus rien à retaper.

Ce qui reste, et qui est le métier

Le standard reste. Le recrutement reste. Le client qui appelle à 8h40 pour demain matin reste, et il restera toujours.

Aucun outil ne remplace la personne qui décroche, qui connaît son vivier, qui sait lequel de ses intérimaires accepte de partir à quarante kilomètres et lequel n'a pas le permis. Aucun outil ne calcule non plus à votre place ce que vous facturez : le coefficient de facturation reste une décision commerciale, pas un réglage.

Ce qui peut sortir de la journée, c'est la partie qui n'a jamais eu besoin d'un humain : courir après un papier, et recopier ce qu'il y a dessus.

D'où viennent ces constats

Le déroulé de la journée, les proportions et les phrases reprises en substance viennent de témoignages publics de salariés et de responsables d'agence, collectés le 25 août 2026 sur des avis d'employeurs et des publications professionnelles. Aucun n'est cité mot pour mot, aucun employeur n'est nommé, et rien n'est présenté comme une statistique.

Les ordres de grandeur donnés ici, trois personnes, quarante clients, cent vingt intérimaires par semaine, décrivent une agence parmi d'autres. Ils ne prétendent pas décrire la vôtre.

Questions fréquentes

Que fait vraiment un chargé de recrutement en agence d'intérim ?

Du recrutement, et beaucoup d'autre chose. Le poste couvre le standard téléphonique, la génération et la relance des contrats de mission, la récupération et la saisie des relevés d'heures, la préparation de la paie et une partie de la facturation. Dans une petite agence, ces tâches ne sont pas réparties entre plusieurs personnes : ce sont les mêmes qui les font toutes, dans la même journée.

Pourquoi l'administratif prend-il autant de place en agence d'intérim ?

Parce que chaque mission déclenche une chaîne complète de documents. Un intérimaire envoyé une semaine, c'est un contrat à sortir et à faire signer par deux parties, un relevé d'heures à récupérer, à lire et à saisir, une paie à préparer et une facture à établir. Multipliez par le nombre de personnes envoyées chaque semaine et vous obtenez le volume réel.

Combien de clients gère une petite agence d'intérim ?

Dans les témoignages recueillis, une agence de deux ou trois personnes gère plusieurs dizaines de comptes clients actifs et envoie autour d'une centaine d'intérimaires par semaine. Ces ordres de grandeur varient beaucoup selon le secteur et la saison : ils donnent une échelle, pas une norme.

Comment réduire l'administratif dans une agence d'intérim ?

En commençant par ce qui est purement mécanique. Recopier à la main un chiffre que quelqu'un a déjà écrit ailleurs, et téléphoner pour savoir où en est une feuille de papier, sont les deux seules tâches de la journée qui n'apportent rien à personne. Le recrutement, le standard et la relation client ne se réduisent pas : ils se protègent en libérant le temps que la saisie leur prend.

Un logiciel peut-il remplacer un poste en agence d'intérim ?

Non, et ce n'est pas ce que cherche une agence de trois personnes. Ce qu'un outil peut retirer de la journée, c'est la chasse aux documents et la ressaisie. Décrocher, connaître son vivier, tenir une relation client et arbitrer une commande urgente restent des gestes humains, et ce sont eux qui font gagner ou perdre un compte.