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Sourcing en agence d'intérim : la matinée d'appels au vivier qui ne donne rien

Vous avez une commande pour lundi. Vous ouvrez le fichier du vivier, vous commencez à appeler, et à onze heures vous avez deux noms.

Mis à jour le 12 octobre 2026 · 6 min de lecture

Ce que donne vraiment une matinée d'appels au vivier

Le premier ne décroche pas. Le deuxième non plus. Le troisième a signé ailleurs jeudi dernier. Le quatrième, le numéro n'existe plus.

Une chargée de recrutement a tenu le compte exact d'une seule journée passée sur une commande :

À midi : un ou deux intérimaires réellement disponibles, et un client qui attend toujours sa réponse.

Les douze répondeurs ne lui ont rien appris. Ni oui ni non, juste une question à reposer demain. Les sept numéros morts lui ont appris quelque chose sur son fichier, pas sur le marché. Et les cinq déjà en mission lui ont appris que la ligne qu'elle venait de composer était fausse avant même que ça sonne.

La disponibilité d'un intérimaire périme en 48 heures

Vous n'appelez pas mal, et vous n'appelez pas trop peu. Le téléphone est le geste le plus sensé qu'on puisse faire avec ce que vous avez sous les yeux.

Sauf que ce que vous avez sous les yeux ne vaut plus rien.

La disponibilité de quelqu'un, ce n'est pas son numéro ni sa qualification. Ça bouge tout le temps, sans que personne ne vous prévienne. Libre lundi, en poste mercredi, placé par une autre agence entre les deux. Au bout de deux jours, ce que vous croyez savoir a perdu l'essentiel de sa valeur.

Votre liste d'appels décrit votre vivier tel qu'il était la dernière fois que quelqu'un lui a parlé. Parfois trois semaines. Vous ne téléphonez donc pas pour placer quelqu'un. Vous téléphonez d'abord pour reconstituer une information périmée, un numéro après l'autre.

Vous appelez au moment où ils ne peuvent pas décrocher

Il y a un détail que personne ne dit à voix haute.

Vous appelez en pleine journée ouvrée. Au moment exact où celui qui travaille ne peut pas répondre : téléphone au fond de la poche, sur un chantier, dans un entrepôt, aux mains prises.

Votre tournée écarte donc en premier ceux qui bossent. C'est-à-dire souvent les meilleurs.

Et demain, tout recommence à zéro

Le coût, ce n'est pas la matinée. C'est que la matinée ne laisse rien derrière elle.

Le lendemain, il ne reste presque rien de ces 43 appels. Deux notes dans un carnet, trois lignes dans un fichier, et une mémoire qui s'efface en une semaine.

La commande suivante arrive. Même fichier, mêmes numéros, mêmes répondeurs. Vous rappelez des gens dont vous aviez appris hier qu'ils étaient en mission, parce que rien ne le dit à l'écran.

Le candidat oublié dans votre propre vivier

Une recruteuse raconte avoir retrouvé un candidat qu'elle avait contacté trois semaines plus tôt, et dont elle avait complètement oublié l'existence.

Personne n'est en cause. Une agence brasse des centaines de personnes, et aucun cerveau ne tient un vivier à jour.

Mais le résultat est là : vous payez pour aller chercher dehors des gens que vous avez déjà dedans. Celui qui a dit non il y a trois semaines parce qu'il était en poste est peut-être libre ce matin, et rien ne vous le dit. Alors vous ouvrez 127 CV.

Le sondage de disponibilité : la question posée une fois, à tout le monde

Ce qui manque n'est pas un meilleur téléphone. C'est d'arrêter d'aller chercher l'information une personne à la fois.

Vous choisissez la période et les gens concernés. La question part sur leur téléphone. Chacun répond disponible ou pas quand il peut, le soir dans le bus s'il le faut. Les réponses remontent datées dans le tableau de bord, et vous appelez ceux qui ont dit oui.

Chez nous ça s'appelle un sondage de disponibilité, et c'est tout ce que ça fait.

Et la mission dont personne ne veut ?

Celle à deux heures de route, celle du samedi, celle du client que tout le monde connaît. La question ne change pas, mais la réponse va être non presque partout.

Et c'est justement là que le calcul bascule.

Sur une mission normale, vous cherchez un oui. Sur celle-là, votre vrai coût, c'est de collecter tous les non. Quarante appels pour entendre quarante fois la même chose, et trouver le quarante et unième.

Le sondage ne fait pas dire oui à quelqu'un qui ne veut pas y aller. Personne ne peut vous vendre ça. Ce qu'il change, c'est que les quarante non arrivent tout seuls, pendant que vous faites autre chose, au lieu de vous prendre la matinée un par un.

Et vous voyez enfin l'information qui manquait : sur cette mission-là, quarante personnes ont dit non. Ce n'est pas un échec, c'est un chiffre à montrer à votre client quand il faudra parler du taux horaire ou du défraiement.

Un détail qui compte, et qui est volontaire : vous ne pouvez relancer qu'une fois par vingt-quatre heures. Le système refuse la deuxième. Un vivier qu'on sollicite trois fois dans la journée arrête de répondre, et c'est exactement ce qu'on cherche à éviter.

Et quand c'est la personne prévue qui ne se présente pas le matin même, c'est un autre chantier, traité ici : que faire un matin de no show.

Ce que ça ne fait pas

Ça ne garantit aucun taux de réponse. Quelqu'un qui ne décroche jamais ne répondra pas forcément mieux à une question sur son téléphone, et vous ne verrez aucun pourcentage sur cette page parce qu'on ne saurait pas le prouver.

Poser la question à soixante personnes prend le même temps qu'à trois. Et quelqu'un qui ne répond pas ne vous coûte plus une sonnerie, une messagerie et une note à reprendre demain. Il ne vous coûte plus rien du tout.

Et le choix de la personne à envoyer chez un client reste le vôtre. Ce qu'elle vaut sur le terrain, si elle tiendra le rythme, si elle ira bien avec le chef d'équipe : rien de tout ça ne se lit dans un tableau.

D'où viennent ces chiffres

Le décompte de la matinée (127 CV, 43 appels, 12 messages, 7 numéros non attribués, 5 candidats déjà en mission) vient d'une publication d'une chargée de recrutement en agence d'intérim sur un réseau professionnel, relevée le 25 août 2026. C'est une journée réelle racontée par celle qui l'a vécue, pas une moyenne du secteur.

Le constat sur les appels sans réponse rejoint un mémoire d'observation universitaire mené dans une agence du bâtiment. Aucune personne, aucune agence et aucun client ne sont nommés ici.

Questions fréquentes

Pourquoi les intérimaires ne répondent-ils pas au téléphone ?

Souvent parce qu'ils travaillent. L'agence appelle en pleine journée ouvrée, au moment précis où quelqu'un en mission a son téléphone au fond de la poche. S'ajoutent les numéros qui ont changé et les personnes déjà placées ailleurs, qui n'ont plus de raison de rappeler.

Combien de temps une disponibilité reste-t-elle valable ?

Très peu. Quelqu'un de libre lundi peut être en poste mercredi, placé par une autre agence. Au bout de deux jours, une disponibilité notée dans un fichier a perdu l'essentiel de sa valeur, et c'est pour ça qu'une tournée d'appels sert d'abord à rafraîchir l'information avant de servir à placer.

Comment savoir qui est disponible sans appeler tout le monde ?

En posant la question à tout le vivier en une fois, au lieu de la reconstituer appel par appel. Vous choisissez la période et les personnes, la question part sur leur téléphone, chacun répond quand il peut, et les réponses remontent datées. Les appels sont ensuite réservés à ceux qui ont dit oui.

Un sondage de disponibilité garantit-il des réponses ?

Non, et personne ne devrait vous promettre le contraire. Ce qui change, c'est le coût du silence : poser la question à soixante personnes prend le même temps qu'à trois, et une absence de réponse ne vous coûte plus une matinée.

Est-ce que ça remplace le travail du recruteur ?

Non, et c'est voulu. FieldLog ne classe pas les profils, ne note pas les candidats, ne décide pas qui appeler et ne va chercher personne à l'extérieur. Il travaille sur le vivier que l'agence a déjà, et se limite à poser la question de disponibilité et à faire remonter les réponses.